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[JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES] INTERVIEW DE KELTOUM MARSLI, GAME DESIGNER CHEZ LIGHTBULB CREW

À l’occasion du mois de mars et de la journée internationale des droits de femmes, nous mettons l’honneur des profils de travailleuses du jeu vidéo en Nouvelle-Aquitaine inspirantes et qui façonnent notre industrie !

Pour la première interview de cette série, nous avons contacté Keltoum Marsli, angoumoisine et Game Designer dans le studio Lightbulb Crew. Découvrez son profil et son travail dans cet article !

 

  • Peux-tu te présenter ? 

Venant du Maroc, j’ai fait un Master en game design à l’ENJMIN à Angoulême, que j’ai terminé en 2023. Mon stage de fin d’études s’est déroulé chez Lightbulb Crew et j’y suis toujours aujourd’hui.

 

  • À quel moment tu t’es dit que tu pouvais travailler dans ce secteur ? 

Concrètement, depuis le lycée. J’ai commencé à jouer et à analyser des jeux comme Final Fantasy VII, Silent Hill et plein d’autres sur PSP. C’est là que j’ai vraiment pris conscience de ce qu’était un jeu vidéo au-delà du simple fait d’y jouer. J’ai découvert les métiers derrière et ça m’a donné envie d’en produire. J’ai su dès cette période que je voulais potentiellement devenir game designer.

 

  • Quelles études as-tu faites ? 

J’ai d’abord fait quatre ans aux Beaux-Arts de Tétouan, au Maroc, où j’ai décroché une licence en bande dessinée. Mon projet de fin d’études portait sur une bande dessinée en gravure sur cuivre, donc un médium différent du jeu vidéo. Ensuite, j’ai continué avec un Master en recherche en bande dessinée à Angoulême. C’est là que j’ai découvert l’ENJMIN et que j’ai décidé de me spécialiser en game design avec un deuxième Master, en ayant des connaissances en storytelling. À l’époque, au Maroc, il n’y avait pas d’école spécialisée dans le jeu vidéo. Donc cette opportunité représentait pour moi une véritable porte d’entrée dans l’industrie.

 

  • Quel est ton rôle au sein de Lightbulb Crew ? 

Je suis game designer, et mon rôle est assez polyvalent. Je touche à plusieurs aspects du design, comme le narrative design, le level design et plus récemment, le combat design. C’est enrichissant de pouvoir naviguer entre différentes disciplines, c’est un avantage que l’on peut avoir dans un studio indépendant. 

 

  • Est-ce que tu peux dire quelques mots sur le jeu sur lequel tu travailles actuellement ?

On est en plein développement sur un RPG tactique au tour par tour qui intègre des mécaniques roguelite. En parallèle, on finalise aussi la sortie de Nova Hearts, un jeu narratif avec des dialogues interactifs et des PNJ charismatiques, qui mêle progression des joueur·euses et combats au tour par tour inspirés des JRPG.

 

 

 

 

 

  • Quel message souhaites-tu faire passer aux femmes et personnes appartement à une minorité de genre qui veulent travailler dans l’industrie ? 

Ne laissez personne vous faire douter de votre légitimité. L’industrie du jeu vidéo a encore du chemin à faire en termes d’inclusion, mais il y a de plus en plus de soutien et de communautés pour accompagner celles et ceux qui veulent y entrer. Trouvez des allié·es, entourez-vous de personnes bienveillantes, et surtout : osez postuler, osez créer. Votre perspective est précieuse et contribue à façonner l’avenir du jeu vidéo.

 

  • Est-ce que tu as une recommandation d’un jeu que tu as particulièrement aimé ou que tu attends avec impatience ?

J’aime bien les cinematic platformers comme Limbo et Inside de Playdead, ou encore Little Nightmares de Tarsier Studios. Ce sont des jeux qui racontent une histoire avec très peu de mots, juste avec l’ambiance, les décors et les sons. Cette sensation d’être perdu dans un monde mystérieux, où tout semble hostile et fascinant à la fois, c’est quelque chose qui me parle énormément. J’attends avec impatience les prochains jeux de ce genre. Il n’y en a pas beaucoup, donc je suis toujours à l’affût des prochaines sorties.

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