
[JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES] INTERVIEW DE PAULINE SOUBAIGNÉ, CO-FONDATRICE DE KOMET XPERIENCE
Pour la dernière interview de notre série de mise en avant de profils féminins qui façonnent notre industrie, Pauline Soubaigné a répondu à nos questions sur son expérience et son activité au sein de Komet Xperience. Co-fondatrice, en charge de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) et du suivi des projets du studio, découvrez son parcours inspirants !
- Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Pauline Soubaigné. Je suis un peu une hyperactive du projet ..! J’en ai toujours plein en tête. Qu’ils soient entrepreneuriaux avec Komet et une autre boîte en cours de création (🤐), associatifs avec Jump’Ethique mais aussi perso, je viens de finir une formation en shiatsu équin, donc rien à voir avec le shmilblik.
Comme ce qui nous intéresse ici, c’est plutôt le jeu vidéo :
Je suis co-fondatrice de Komet Xperience. C’est un studio où l’on cherche à allier créativité et bien-être au travail. Depuis la création de la boîte en 2021, on s’efforce de créer un environnement collaboratif et flexible, la boîte dans laquelle nous aurions rêvé de travailler.
Chez Komet, on travaille principalement sur Unreal, pour le milieu culturel (jeu vidéo, cinéma, musique) mais aussi pour des projets de R&D, d’industrie ou encore d’enjeux d’attractivité RH. C’est vaste ! Chaque projet est différent et challengeant à sa manière.
- À quel moment tu t’es dit que tu pouvais travailler dans ce secteur ?
J’ai commencé à jouer aux jeux vidéo quand j’étais toute petite, avec mes frères sur la PlayStation 1. Plus tard, j’ai découvert les jeux en ligne, puis les jeux PC (j’ai refait en boucle tous les Alexandra Ledermann 🙈).
En rencontrant mes associés, j’ai vraiment découvert la facette ‘’pro’’ du jeu vidéo. Sans ça, je n’aurais jamais pensé travailler dans ce secteur.
J’ai réalisé que l’univers des jeux vidéo ne se limitait pas uniquement au fait de jouer, mais qu’il y avait aussi un immense potentiel créatif et entrepreneurial à exploiter.
Sans Antoine, Martin et Nico, je n’aurais d’ailleurs pas tenté l’entrepreneuriat tout court. Nous sommes tous très complémentaires et engagés dans la réussite de nos projets.
- Quelles études as-tu faites ?
J’ai suivi un parcours qui n’a rien à voir avec les jeux vidéo. J’ai fait des études en biologie à la fac, puis un DEJEPS (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport), où je me suis spécialisée en coordination de projet et développement de territoire. Je recommande d’ailleurs cette formation à toutes personnes qui souhaiteraient comprendre la dynamique d’équipes et apprendre des méthodes et des outils participatifs et pertinents. Je suis assez convaincue qu’organiser et gérer des projets avec une approche humaine est essentiel pour la réussite à long terme d’une entreprise.
- Est-ce que tu peux dire quelques mots sur le jeu sur lequel tu travailles actuellement ? Comment as-tu été amenée à co-fonder Komet Xperience ?
Côté production, nous avons plusieurs projets en cours, dont un double A que nous venons de finir pour un client, ainsi que des applications en réalité virtuelle pour une startup.
Notre projet principal, c’est « Rift ». Un jeu que nous développons depuis la création du studio.
Pour faire simple ? C’est un genre de Trackmania dans l’espace avec un univers à la Star Citizen ! À ça vous rajoutez un soupçon de liberté de déplacement et un peu de skills pour shooter des éléments de Gameplay et vous avez Rift ! Si vous êtes intrigué·e·s, on sort une démo à l’occasion du Néo Fest Steam de juin ! Et vous pouvez bien sûr nous rejoindre sur notre discord pour participer aux playtests d’ici là !
Nous avons autofinancé le développement du jeu depuis le début grâce à notre activité de services et renforcé nos moyens grâce à une aide non négligeable de la région Nouvelle Aquitaine (merci Marie !). Pour accélérer son développement, nous cherchons des financements privés, alors si quelqu’un passe par là et veut soutenir notre studio et nos valeurs, n’hésitez pas à nous contacter !
- Quel est ton rôle au sein du studio ?
Outre mon rôle d’associée, donc pas mal d’administratif et de représentation, j’ai deux missions principales : la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) et le suivi des projets. Concrètement, je m’assure que l’entreprise fonctionne de manière éthique et respectueuse envers nos salariés. Je parle ici de bien-être au travail, d’équilibre vie perso et d’ouverture d’esprit quant aux pistes d’améliorations possibles !
L’objectif, c’est que l’équipe puisse s’exprimer librement et participer à la prise de décision. Je veille à ce que tout le monde ait une vision claire de la stratégie de la boîte du point de vue financier, des challenges que l’on rencontre ou des autres projets en cours avec les divers clients. Cette transparence permet à chacun de se sentir impliqué et de contribuer pleinement à la réussite du studio.
La RSE c’est aussi l’impact que nous pouvons avoir sur notre environnement. Pour ça je suis épaulée par Antoine, un de mes associés, qui maîtrise à fond le sujet ! On mesure notre bilan carbone chaque année et on identifie les leviers pour réduire notre impact.
Mon job, c’est aussi défendre les prises de position du studio. D’un point de vue social : compétences égales / salaires égaux (oui chez nous la valeur de la personne n’est pas reliée à sa rareté sur le marché de l’emploi, mais bien à ses compétences et son engagement dans l’entreprise, on tire tout le monde vers le haut)
D’un point de vue environnemental : oui, on va au Websummit à Lisbonne en train, oui on fait 2 jours de trajets aller depuis Bordeaux, mais oui, on économise 337kg de CO2 comparé à l’avion et ses 2h de trajet.
L’équipe de Komet Xperience réunie
- Quel message souhaites-tu faire passer aux femmes et minorités de genre qui veulent travailler dans l’industrie ?
Je leur dirais de ne pas se décourager. L’industrie est en pleine évolution et tend à devenir plus inclusive.
Il faut travailler ses candidatures pour montrer le meilleur de soi-même et surtout vérifier que les entreprises respectent nos convictions. Rien de pire que d’accepter un poste à tout prix et d’y être condamné·e à subir des situations toxiques (et s’y sentir démunie). Parfois, il vaut mieux prendre du recul, travailler ailleurs le temps de trouver la bonne opportunité, celle qui respecte nos convictions et où on se sent en phase avec la culture de l’entreprise..
Certes, nous sommes bien d’accord, c’est à l’industrie de changer, mais ce n’est pas à nous d’en subir les pots cassés le temps que certains studios percutent le problème et intègrent des bonnes pratiques (en plus de la prévention ! ).
En attendant, on peut soutenir les associations qui militent pour la place des minorités dans l’industrie, comme Women In Game par exemple.
- Est-ce que tu as une recommandation d’un jeu que tu as particulièrement aimé ou que tu attends avec impatience ?
J’aime beaucoup les jeux de stratégie, mais ceux qui ne nécessitent pas de gestion d’armée ou de combats intenses (à la Terra Nil!)
J’ai découvert un jeu à la Paris Games Week l’année dernière, Memoria Polis. Pour faire simple, on ‘’construit’’ une ville qui va traverser les âges (L’Antiquité, le Moyen Âge) et les événements historiques. Je dis ‘’construire” car on ne choisit pas à quoi va ressembler la ville exactement, le jeu est très organique. On place les éléments et le jeu assemble le lieu pour lui donner vie.
Le jeu complet sort le 30 avril ! Et j’ai hâte de tester les nouveaux âges par lesquels passeront ma ville (la Renaissance et le Siècle des Lumières.! )